Fais pas genre #47 • Looper
Un scénario de science-fiction original, des scènes crades, des effets spéciaux réussis, un réalisateur talentueux sorti de nulle part, Bruce Willis au meilleur de sa forme, Joseph Gordon Levitt de retour après un Dark Knight Rises éblouissant. Looper est une réussite totale.





Science-fiction


Looper c’est l’histoire d’un jeune homme, Joseph Gordon Levitt, qui vit en 2044. Il est tueur à gages et doit tuer des cibles qui lui sont envoyées du futur. Pour les mafieux de 2074, c’est la garantie que le corps ne sera pas retrouvé. Pour Joseph Gordon Levitt, c’est l’assurance de ne pas être inquiété puisque le meurtre n’aura pas encore eu lieu. En bonus, un gros paquet de lingots d’argent. Malheureusement, il vient toujours un moment où les tueurs à gages, les fameux loopers, doivent tuer la future version d’eux-mêmes. Ce sont alors des lingots d’or qui leur sont livrés. Encore faut-il ne pas louper sa cible, et quand Joseph Gordon Levitt réceptionne Bruce Willis, il ne met pas longtemps à réaliser que c’est lui-même avec 30 années de plus. Quelques instants de réflexion de trop, il réussit à s’enfuir.


C’est d’abord cela Looper, un scénario ambitieux et novateur. Ambitieux parce qu’il parle du voyage temporel, une thématique de science-fiction ardue s’il en est. Entre les univers parallèles, l’effet papillon, les paradoxes temporels, pas toujours facile de s’y retrouver. A fortiori si, contrairement à Retour vers le Futur, les personnages n’hésitent pas à croiser leur “moi” du passé. Malgré la pirouette scénaristique visant à écarter toute explication du contexte du voyage temporel en faisant comprendre que ça prendrait bien trop de temps et que Bruce Willis n’est pas là pour ça, les règles apparaissent peu à peu et permettent, une fois assemblées, de comprendre la logique de tout le film. Ainsi, lorsque Joseph Gordon Levitt veut laisser un message à Bruce Willis, il lui suffit de se graver quelques mots sur le bras pour qu’ils s’affichent sur le bras de son alter ego plus âgé sous forme de cicatrice. Une astuce brillante.



Action


Mais Looper, ce n’est pas qu’un scénario bien ficelé, c’est également la réunion de Bruce Willis, star des films d’action des années 90, qui rappelle parfois son rôle de John McClane, et Joseph Gordon Levitt, nouvelle coqueluche d’Hollywood déjà vu dans Inception, Dark Knight Rises, mais également 500 Jours Ensemble. En quelques années, l’évolution du comédien et son exploration de registres variés est saisissante. Pour mieux faire croire au fait que Bruce Willis et Joseph Gordon Levitt incarnent le même personnage, le plus jeune a dû porter quelques prothèses faciales. Un résultat bien plus convaincant que tous les maquillages vus dernièrement dans les salles obscures pour vieillir un personnage. David Fincher, Clint Eastwood et Ridley Scott peuvent en prendre de la graine afin d’éviter les massacres de maquillage ou d’effets spéciaux de Benjamin Button, J. Edgar ou Prometheus.


Même si le scénario de Looper tend davantage vers le film d’action dans sa seconde partie, il reste un ovni du cinéma de SF. Non seulement son scénario n’est pas tiré directement du livre d’un des maîtres du genre, même s’il semble s’inspirer de William Gibson, mais il propose un contrat osé avec le spectateur. Looper est un film de science-fiction qui non seulement ne se situe pas dans un univers galactique ou avec des extraterrestres, mais plus encore, dont toute la seconde moitié se déroule au milieu d’un champ de blé, dans une vieille maison isolée. Avec son film, Rian Johnson rentre dans la droite lignée des Duncan Jones ou autres Andrew Niccol.

Geoffroy HUSSON - 13 novembre 2012 - Rennes

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