Web TV RennesTV.fr http://www.rennestv.fr Web TV RennesTV.fr http://backend.userland.com/rss Kiubi 60 Radio Campus Rennes fête ses 18 ans en fanfare à la ND4J http://www.rennestv.fr/catalogue/culture/radio-campus-rennes-fete-ses-18-ans-en-fanfare-a-la-nd4j.html http://www.rennestv.fr/catalogue/culture/radio-campus-rennes-fete-ses-18-ans-en-fanfare-a-la-nd4j.html Culture - Web TV Gaspard GLANZ Premier EP "Psycho Dandy" pour les rennais de PAN (The Tambourines Elevator) http://www.rennestv.fr/catalogue/focus/premier-ep-psycho-dandy-pour-les-rennais-de-pan-the-tambourines-elevator.html http://www.rennestv.fr/catalogue/focus/premier-ep-psycho-dandy-pour-les-rennais-de-pan-the-tambourines-elevator.html Focus Page Facebook : https://www.facebook.com/pan.kte


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Au cours de la période 2006-2010, la majorité des universités françaises ont été confrontées à des évènements successifs, c’est-à-dire à des moments d’exception politique qui ont engendré la suspension de la normalité universitaire quotidienne qui, heurtant les habitudes, les certitudes, ont contraint chacun, étudiants et enseignants, à se poser la question des choix, des engagements.

A Rennes 2, comme ailleurs, ces moments d’exceptions se sont caractérisés par la remise en cause de l’ordre universitaire traditionnel avec l’avènement d’une période de grève plus ou moins longue qui a eu pour effet premier d’engendrer une suspension prolongée des cours dispensés par les enseignants aux étudiants. 

 

C’est la minorité enseignante qui va nous intéresser au cours de ce développement et tout particulièrement son attitude au cours de ces semaines durant lesquelles elle s’est vue empêchée de pouvoir exercer librement sa fonction sociale particulière au sein de l’ordre universitaire : enseigner à la majorité enseignée; les deux formants la communauté universitaire. En effet, il nous est apparu que son attitude s’est caractérisée par un unanimisme contre la grève avec suspension des cours, la fameuse «  grève avec blocage » pour reprendre l’expression consacrée par tous les acteurs, et ce à quelques exceptions prés. Si les quelques enseignants soutenant publiquement la grève étudiante ont rompu avec le consensus conservateur, en réalité du fait de leur grande marginalité au sein du corps enseignants, ils n’ont fait que confirmer la règle conservatrice. 

 

Cette règle a amalgamé, ainsi, des enseignants de toutes obédiences politiques dans un même refus viscéral contre ce qui leur apparaissait a priori comme une réalité aussi extraordinaire qu’intolérable devant, par conséquent, ne surtout pas s’éterniser dans le temps. Les enseignants se sont donc efforcés au cours de ces semaines d’exception politique, par le pouvoir des mots mais également dans les actes en nouant des alliances avec la branche dite conservatrice des étudiants, à ce que cette parenthèse illégitime soit refermée le plus rapidement possible, que les cours puissent être à nouveau dispensés librement par leurs soins, c’est-à-dire que la restauration de l’ordre universitaire traditionnel devienne un fait accompli. Les enseignants peuvent lutter contre la remise en cause de l’ordre universitaire en organisant des cours clandestins, par exemple, avec les étudiants décidés à ce que les cours se tiennent coûte que coûte. Ces actes visant à contourner les décisions prises collectivement par les étudiants rassemblés, formant alors un sujet politique pluriel, symbolisent l’absence de reconnaissance par ces enseignants de la légitimité politique de l'Assemblée Générale étudiante devenue pourtant dans le cadre de la grève le lieu démocratique exprimant le mieux l’auto-organisation des étudiants et la capacité politique revendiquée par eux-mêmes qu’un nombre important d’enseignants ne manquent pas de leur dénier absolument.


En tentant de saboter la grève, en s’inscrivant notamment dans le forçage d’une situation qu’ils jugent intolérable, les enseignants en viennent, ainsi, à contester la possibilité aux étudiants de décider par eux-mêmes ce qu’ils jugent être le plus juste à faire dans une période donnée. Par ailleurs, certains professeurs tentent de remettre en cause physiquement l’empêchement des cours par les étudiants grévistes en allant, cette fois-ci, non pas contourner les effets de la grève étudiante avec des cours clandestins, mais bien s’en prendre frontalement à elle et donc à ceux qui en portent la responsabilité du fait de leur présence prolongée la rendant matériellement possible et durable. L'antagonisme entre les enseignants et les étudiants grévistes peut donc prendre une tournure réellement violente. Cette tentation du recours à la force de certains enseignants, soit seuls, soit accompagné d’étudiants, peut-être considérée par ces derniers comme parfaitement acceptable, car étant seulement l’expression d’une légitime défense de leur part contre la remise en cause des normes sociales à l’université perçue comme une violence réelle vis-à-vis de leur fonction sociale. Cependant, bien plus que des cours clandestins ou le forçage de la situation par le recours à la force, qui sont autant de « signes du non consentement »  visibles à l’égard de la réalité universitaire jugée grevée par la grève étudiante, il faut reconnaître que la grande majorité des enseignants opposés a priori à la grève étudiante, se noient d’abord dans l’attentisme qui, comme l’avait parfaitement souligné Pierre Laborie dans son ouvrage sur les comportements des français pendant les années noires, doit se conjuguer au pluriel. 


 

Ainsi, les enseignants se sont comportés comme les premiers gardiens de l’ordre universitaire, dont l’intégrité était à leurs yeux pratiquement menacée par les étudiants devenus des militants de la grève. Cette unanimité contre cette remise en cause de la normalité universitaire par le recours à la grève est, à notre avis, révélatrice du conservatisme qui caractérise profondément cette minorité enseignante dans le supérieur. 

 

Pourquoi un tel unanimisme contre la grève étudiante constitue t-il une réalité empirique chez la minorité enseignante à l’université ? De quoi le rejet de la grève étudiante quasiment unanime des enseignants est-il le nom ?  Telles sont les deux questions auxquelles nous allons tenter de répondre en formulant modestement des hypothèses explicatives qui devront, bien évidemment, être vérifiées en aval par un travail méthodologique d’enquête, par le biais de l’entretien principalement, auprès de cette population enseignante pour pouvoir valider empiriquement ou au contraire infirmer nos hypothèses de départ. 


 

 




 

Avant tout, il est important de souligner le fait que les enseignants du supérieur ne forment pas un corps homogène. Les statuts sont effectivement divers (Professeurs, maîtres de conférences, Prag et Prce détachés du secondaire, ATER...). Aussi, la précarité, au sens d’avoir l’incertitude de pouvoir conserver ou récupérer une situation acceptable dans un avenir proche, n’est pas l’apanage des étudiants. Celle-ci existe également au sein des universités et des laboratoires avec 37 000 personnes qui n'ont pas un statut de titulaire selon une étude du ministère. Si tous les non titulaires n’ont bien sur pas à être tous identifiés comme précaires, ce chiffre proposé par le ministère permet de nuancer l’idée selon laquelle toutes les personnes appartenant au monde de la recherche seraient de façon uniforme des « privilégiés ». Cependant, cette différence de statuts réels n’altère, à notre avis, en rien le sentiment, sans doute le mieux partagé au sein de la communauté universitaire, d’appartenir à l’élite dépositaire du savoir légitime, à l’élite des intelligences, de faire parti de ceux qui savent effectivement face à la masse toujours renouvelée des apprenants et donc a fortiori des ignorants.  

 

L’ordre universitaire traditionnel se caractérise par l’existence de rapports de pouvoirs qui lui sont propres comme il peut en exister au sein de toute institution ; comme au sein de ce que Xavier Vigna a appelé très justement « l’ordre usinier » dans son ouvrage portant sur « l’insubordination ouvrière dans les années 68 ». Au sein de cet ordre universitaire, les enseignants occupent une position réellement prééminente et ce de façon permanente à l’égard des étudiants, qu’on qualifiera de majorité enseignée. Cela est dû d’abord à leur monopole dans la transmission du « savoir légitime » et de la place élevée qu’ils occupent pour la grande majorité d’entre eux au sein de la hiérarchie sociale de part leur niveau de rémunération qui les classe selon les cas soit dans la catégorie des 10% de la population qui gagne le plus, soit dans la catégorie des 5%. Cela contraste effectivement fortement avec les dizaines de milliers d’étudiants paupérisés vivant en-dessous du seuil de pauvreté, et les centaines de milliers d’autres qui, non indépendants économiquement, sont contraints de vendre leur force de travail soit « seulement » l’été, soit tout au long de l’année pour pouvoir assumer les dépenses contraintes durant leurs années d’études. 

 

Il faut également souligner que chez les enseignants prévaut une certaine "culture du compromis"  qui tend à les enfermer dans un modérantisme certain. Ils vont avoir une grande difficulté à se mettre un tant soit peu en danger, à assumer une part de risques. Evoluant dans un environnement relativement serein comparé à leurs homologues enseignants du primaire ou du secondaire, incomparablement plus exposé à la violence sous toutes ses formes, verbale, physique, sociale, les enseignants du supérieur donne l’impression d’évoluer dans une sorte d’îlot de liberté, au risque de se trouver déconnectés du vécu réel de la grande majorité de la population et en premier lieu de celui des étudiants. Ceux-ci, en effet, subissent effectivement, par plus de précarité, par la difficulté à être réellement autonome économiquement sans devoir en passer par un salariat étudiant contribuant à accentuer la remise en cause du principe méritocratique « d’égalité des chances » entre les étudiants devant les examens (pourtant défendu par l’université), par la peur grandissante du chômage endémique qui touche la jeunesse et du déclassement social, les effets sociaux de la crise de l’ordre productif néolibéral. 

 

Minoritaires en nombre, les professeurs n’en restent pas moins le groupe dominant au sein de l’ordre universitaire, cumulant, quoique de manière différenciée selon les cas, les trois formes de capitaux définis par Pierre Bourdieu : capital économique, capital social et capital culturel. A cela, nous devons ajouter un pouvoir symbolique directement lié au prestige qui découle de leur fonction d’expert et de l’admiration qu’ils peuvent susciter auprès des étudiants qui reconnaissent spontanément la valeur de leur parole frappée du sceau de la scientificité de laquelle découle leur autorité. Tout cela concourt à créer au quotidien un lien de subordination permanent entre la minorité enseignante et la majorité enseignée, mais aussi, et c’est encore plus décisif, un lien de dépendance. En effet, l’ordre universitaire apparait comme un ordre usinier renversé. Ainsi, à la différence de ce qui se passe au sein d’une entreprise donnée où le processus de production dépend d’abord de l’activité des travailleurs qui vendent leur force de travail à un employeur contre un salaire et donc du groupe numériquement majoritaire, ce sont les enseignants, se caractérisant pourtant par la petitesse de leur nombre comparé à la majorité enseignée, qui sont la véritable pierre angulaire de l’ordre universitaire. En effet, ils ont la maîtrise exclusive du processus de fabrication et de transmission du « savoir légitime ». La continuité de la normalité universitaire dépend donc de leur capacité à assumer leurs différentes activités au quotidien. Des activités qui comprennent bien sûr une part de recherches, mais également,  pour ce qui nous intéresse, d’abord une réalité d’enseignement auprès des milliers d’étudiants inscrits. 

 

Les étudiants sont donc en situation de dépendance permanente à l’égard de la minorité enseignante qui assure quotidiennement les cours qui vont leur permettre de pouvoir valider leurs années d’études et accéder, ainsi, à un certain niveau de qualification leur permettant d’envisager l’insertion professionnelle. Les cours, durant lesquels se réalise la transmission du « savoir légitime », se déroulent parce que les professeurs sont présents pratiquement pour les assurer. Dès lors, une grande majorité d’étudiants peuvent tout à fait briller par leur absence, cela ne changera rien au fait que le cours prévu aura quand même lieu du fait de la seule présence de l’enseignant. Ainsi, nous pouvons affirmer que la continuité de l’ordre universitaire traditionnel est assurée en premier chef par l’activité enseignante des professeurs et que les étudiants, en dépit de leur puissance numérique incomparablement plus élevée que celle de la minorité enseignante, ont un quotidien à l’université dont le contenu est en réalité totalement subordonné à la volonté des professeurs d’assurer leurs cours ou non. Du fait de cette dépendance permanente à l’égard des choix des enseignants, la possibilité pour les étudiants de pouvoir se libérer du temps pour lutter collectivement pour une cause donnée (par exemple contre un projet de loi comme a pu l’être le CPE ou la LRU) est étroitement conditionnée à la volonté propre de chaque enseignant de consentir à ne plus assurer leurs cours en se mettant effectivement en grève. Autrement dit, ce sont les enseignants qui, dans le cadre de l’ordre universitaire traditionnel, décident, en dernière analyse, de ce qui est possible pour les étudiants et ce qui ne l’est pas. Dans le cadre normal, c’est-à-dire sans intervention autonome et collective des étudiants, les enseignants ont a priori un droit de vie ou de mort sur tout mouvement à l’université. Aussi, si les enseignants refusent dans leur majorité, ou même seulement en partie, de faire grève et donc continuent à assurer les cours, aucune action collective n’est possible pour les étudiants étant donné que les faits ont prouvé à maintes reprises que le temps des cours et le temps de la lutte ne sont pas compatibles ni à court, ni à moyen terme. En effet, si les cours ne sont pas suspendus pratiquement d’une façon ou d’une autre, ils prendront toujours le pas sur l’organisation d’une lutte qui réclame, si les acteurs veulent se donner les moyens de son efficacité, un engagement au quotidien très conséquent. Cela est donc incompatible avec un suivi assidu des cours et le travail personnel qui est exigé des étudiants. Entre le suivi normal des cours et l’organisation de la lutte, chacun est sommé de choisir. 

 

S’ils ne veulent plus faire dépendre l’avenir d’une possible lutte aux décisions prises par les professeurs qui de toute évidence ne seront jamais unanimes en faveur de la grève et donc ne permettront jamais une remise en cause réelle de l’ordre universitaire, les étudiants doivent décider par eux-mêmes, pour eux-mêmes ce qui leur semble être la méthode la plus appropriée pour créer les conditions de la mobilisation du plus grand nombre d’étudiants. Ainsi, en décidant collectivement, en tant que majorité enseignée, consciente de la place particulière qu’elle occupe au sein de l’ordre universitaire, de ne plus attendre une impossible suspension autant générale que prolongée des cours par la minorité enseignante et de mettre en œuvre la grève avec suspension des cours, les étudiants posent un acte de rupture fondamental en s’autonomisant de la tutelle des enseignants et du rapport de dépendance institutionnalisé. La grève étudiante est donc par définition un acte d’émancipation fondateur à travers lequel les étudiants s’autorisent à ne pas demander l’autorisation aux enseignants pour que les cours ne soient plus assurés, afin que la lutte puisse réellement exister sur la durée. Les étudiants font à ce moment précis évènement en revendiquant une capacité politique suffisante pour pouvoir choisir ensemble sans le concours des enseignants.  


 

Nous constatons donc que la grève avec suspension des cours à l’université pour être effective ne peut reposer que sur la volonté collective et autonome des étudiants. Cette grève nous apparait comme l’expression de l’insubordination étudiante à l’égard de l’ordre universitaire traditionnel qu’elle remet profondément en cause. Il convient maintenant de proposer un certain nombre hypothèses, afin d’essayer de comprendre le rejet viscéral suscitée par la grève étudiante chez les enseignants.  



 

 




 

Avec la remise en cause de l’ordre universitaire traditionnel par la suspension du déroulement normal des cours, les enseignants se trouvent dès lors confrontés à une forme d’insubordination étudiante inattendue qui ouvre une période d’exception politique et par rapport à laquelle ils vont tous devoir se positionner respectivement. S’exprime alors un rejet qu’on peut qualifier de général de la part des professeurs pour ce nouvel état de fait qui s’impose à eux du dehors, de l’extérieur.

 

En voyant les étudiants décider entre soi, à l’exclusion des enseignants du sort de la continuité universitaire ordinaire, ceux-ci se rappellent brusquement que leur faiblesse principale demeure, à l’instar de n’importe quel employeur dans une entreprise, la petitesse de leur nombre comparée à l’assise numérique des étudiants qui, bien que groupe dominé, sont très largement majoritaire au sein de la communauté universitaire. Les enseignants se rendent compte alors qu’il leur est a priori impossible, en tant qu’entité collective, d’empêcher concrètement par la méthode de la règle majoritaire l’avènement de la grève avec suspension des cours. Aussi, ils n’ont pas de prise réelle sur le processus en cours qui est l’expression d‘abord de l’autonomie étudiante, de sa capacité d’auto-organisation. La minorité enseignante, mis devant le fait accompli, subit donc totalement l’enchainement des évènements. Elle voit sa situation lui échapper. Les étudiants décident eux-mêmes, par eux-mêmes, pour eux-mêmes, mais aussi pour les professeurs, de ce qui leur semble bon pour eux en faisant largement fi de l’avis des enseignants qui sont, eux, habitués d’ordinaire à être systématiquement sollicités par ces mêmes étudiants. Leur avis propre d’enseignant n’est plus indispensable aux étudiants dans le processus d’élaboration de la décision collective, leur présence non plus.


C’est donc un véritable sentiment d’impuissance devant ce processus transgressif qui va se développer au sein de la minorité enseignante. De celui-ci va naître un ressentiment réel à l’égard des étudiants « séditieux » au sens de frondeur, de perturbateur, d’agitateur qui ont osé transgresser les règles du jeu préétabli assurant à l’ordre universitaire sa pérennité. Les enseignants savent qu’ils ne pourront pas, à eux seuls, restaurer l’ordre universitaire du fait de leur fatale infériorité numérique. Leur unanimité contre la grève ne suffira pas pour qu’ils puissent l’emporter contre les centaines d’étudiants, voire milliers, partisans de la grève. Aussi, de ce constat pessimiste, naîtra leur volonté de créer des solidarités avec les nombreux étudiants qui, comme eux, refusent de voir le bon déroulement des cours suspendu par d’autres dans une perspective de lutte.  Une « sainte alliance » va donc se constituer entre les étudiants conservateurs et les enseignants pour que cesse au plus vite  ce qui est perçu comme une atteinte insupportable « à la liberté d’étudier  et d’enseigner ». Cette alliance peut se matérialiser entre autres à travers l’organisation de cours clandestins. Mais ceux-ci, finalement, ne révèlent-ils pas aussi ce fameux sentiment d'impuissance, que nous venons d’évoquer, de la part d’enseignants subissant alors totalement la volonté politique et collective des étudiants. Les enseignants se rendent compte que leur propre destin est bel et bien conditionné aux choix des étudiants. Le rapport de subordination ordinaire, consacrant la prééminence continue des enseignants, est renversé dans le cadre de la grève étudiante, au même titre que lors d’une grève de salariés où l’employeur va se retrouver, bon gré mal gré, entièrement soumis à la décision collective des salariés.  


 

L’ordre universitaire étant remis en cause par les étudiants eux-mêmes, les rapports de pouvoirs le structurant vont l’être tout autant. Il advient alors ce que Kristine Ross avait parfaitement nommé  lorsqu’elle évoquait Mai-Juin 68 en tant qu’évènement : une crise du fonctionnalisme. Nous avons alors à faire à une désegmentation sociale, à une « désectorisation sociale », pour reprendre l’expression de Michelle Zancarini, de laquelle vont pouvoir naître ce qu’elle nomme « des rencontres improbables », c’est-à-dire la fabrication de liaisons, la constitution de solidarités, la formation de jointures entre des gens, des groupes qui, dans le cadre de la normalité ordinaire, de la division sociale du travail, ne se fréquentent pas, ne se côtoient pas, s’ignorent plus ou moins réciproquement. Dans le cadre de cette crise du fonctionnalisme, les étudiants cessent alors d’être uniquement des étudiants, tandis que les professeurs cessent d’être uniquement des professeurs. Le temps des cours suspendu, les places de chacun sont de facto remises en cause, même si les fonctions attachées à l’ordre universitaire traditionnel ne disparaissent pas complètement dans l’imaginaire collectif. On ne cesse, en effet, jamais d’être totalement ce qu’on est normalement aux yeux d’autrui. Ainsi, dans le cadre de la grève un rapport plus égalitaire s’impose au détriment des enseignants qui tendent à perdre auprès des étudiants, notamment chez ceux engagés activement dans la grève, une grande partie de leur pouvoir symbolique duquel ils tirent habituellement leur autorité leur permettant d’assurer la pérennité de leur prééminence au sein de l’ordre universitaire. Ce rééquilibrage dans les rapports de pouvoir peut être très mal vécu par les enseignants qui sont contraints, bon gré mal gré, de s’accommoder à des relations extraordinaires, au sens étymologique du mot, avec les étudiants. Celles-ci sont, cette fois, organisées autour de la question politique, un champ qui n’entre pas, pour la majorité d’entre eux, dans leur domaine d’expertise. Ils n’évoluent plus sur un terrain largement défriché par leurs soins. De plus, la grande majorité des enseignants n’ont pas de réelle culture militante. Même leur adhésion à un syndicat, déjà rare chez les enseignants du supérieur comparativement à ce qu’il peut être dans le primaire et dans le secondaire, n’est que trop rarement synonyme d’engagement concret, visible, régulier au sein de l’université et en dehors. Ce que l’histoire récente a révélé, c’est d’abord la véritable incapacité des enseignants à se mobiliser pour les autres (cela n’est pas propre aux enseignants du supérieur étant donné que cela constitue une récurrence dans la société à tous les niveaux), mais aussi la difficulté à se mobiliser largement lorsque leurs propres intérêts sont en jeux. La mobilisation massive de 2003 contre la réforme Fillon, visant à allonger la durée de cotisation des fonctionnaires au niveau du privé, la fameuse égalisation par le moins disant social chère à la droite, à 40 annuités pour percevoir une retraite à taux plein, en est une preuve éclatante. La mobilisation et la grève à la fois massive et prolongée (presque trois mois sans interruption pour certains enseignants) dans l’éducation a été assumée dans sa très grande partie par les professeurs des écoles et les enseignants des collèges et lycées, alors que l’absence envahissante de la grande majorité des enseignants du supérieur a été constatée par tous les observateurs et les acteurs de l’époque. Quant à la mobilisation des enseignants du supérieur à l’hiver et au printemps 2009 contre le décret des enseignants-chercheurs, si elle fut lancée effectivement par une frange importante du monde enseignant, elle a été en réalité très rapidement assumée par les étudiants. Ceux-ci, souhaitant lutter en priorité contre la loi d’autonomie des universités de 2007 alors en cours d’application dans les universités, dont le décret des enseignants chercheurs  était perçu comme une des conséquences, ont le plus assumé le coût réel de la mobilisation se retrouvant confronté dans le cadre de leur mobilisation, une fois encore, au conservatisme d’un grand nombre d’enseignants. 

 

Ainsi, la politique semble évoluer en dehors du champ de leurs préoccupations premières, perçue comme un véritable corps étranger. Sa possible irruption soudaine sur la scène universitaire leur apparait, donc, comme une menace permanente, car considérée a priori comme une source de division potentielle pouvant remettre dangereusement en cause l’unité organique du corps universitaire dont ils se pensent comme la tête éclairée et éclairante. La conflictualité réelle que génère inévitablement la politique effraie les enseignants qui ne sont pas habitués à voir leur parole d’expert contestée publiquement par des étudiants qui ont au contraire l’habitude de souscrire spontanément à leurs propos en tant qu’apprenants se servant du savoir légitime du maître pour aider à conjurer leur propre ignorance. Ainsi, pour beaucoup d’enseignants, l'université ne devrait donc pas être un lieu politique, comme l'employeur qui refuse a priori que son entreprise puisse être un lieu politique, souhaitant que celle-ci s’arrête aux portes de l’usine. Source de conflictualité et donc source de désordre prolongé, la politique doit, ainsi, soit être proscrite totalement comme le désire la tendance « autoritaire » des enseignants, soit être tolérée, tendance plus « libérale », mais cependant strictement encadrée, tel qu’il est possible d’en faire tant que cela n’aboutit pas à une remise en cause de l'ordre universitaire. 

 

La grève également est condamnée en tant que telle par les enseignants du fait qu’elle brouille les rapports de pouvoirs, les rapports de domination structurant l’ordre universitaire traditionnel mettant ainsi les enseignants en difficulté, et même pourrait-on dire, en situation « d’insécurité ». Les enseignants, qui observent impuissants les étudiants entraver avec du mobilier appartenant à l’université (chaises, tables) la libre circulation des personnes pour empêcher la tenue des cours, qui voient leurs propres élèves se réapproprier les locaux de l’université pour en faire des lieux de sociabilité afin de protéger la grève et ainsi créer les conditions de sa pérennité, vont éprouver un rejet à l’égard de ce qui leur apparait comme particulièrement insécurisant pour eux-mêmes. En effet, cette nouvelle réalité à l’université enfantée par la grève étudiante entre directement en contradiction avec la fonction sociale qui est la leur au sein de l’ordre universitaire établi. Empêchés de faire cours par autrui, et donc de pouvoir assumer leur fonction sociale supérieure et distincte, ils se sentent à la fois dépossédés et même d’une certain façon déclassés avec un sentiment d’inutilité sociale relative (ils leur restent encore, en effet, toute la partie recherche). L’université vit, mais sans eux. La grève étudiante leur apparait, donc, comme la négation de leur fonction sociale particulière dans le sens où elle débouche effectivement sur le renversement de la hiérarchie intrinsèque à l’ordre universitaire traditionnel. Ainsi, le groupe dominant de l’université n’est plus les enseignants, mais bien les étudiants participant à l’effort de grève qui deviennent collectivement les « nouveaux maîtres des lieux ». Au fond, c’est bien parce qu’il y a un lien de subordination permanent entre la minorité enseignante et la majorité enseignée, et que les enseignants ont totalement intériorisé ce rapport inégal qui les place constamment en position dominante, que ceux-ci ne supportent pas l’insubordination des étudiants infériorisés. 

 

La grève étudiante est dénoncée, enfin, pour le coût jugée très préjudiciable qu’elle génère en termes d’image que ce soit pour l’université en tant qu’entité particulière ou pour le système universitaire français. Les enseignants sont très attachés à cette course à l’image, notamment dans un contexte de mise en concurrence à l’échelle nationale, européenne, mais aussi mondiale des universités et donc de leur personnel enseignants. L’université, pensée de plus en plus comme une entreprise à bien gérer dans le processus de réorganisation néolibérale visant à la soumission du champ universitaire à la norme de la concurrence, se doit de pérenniser tout en affermissant son attractivité. Les enseignants, qui ont pour beaucoup intériorisés, pris acte de cette norme de la concurrence perçue comme « la nouvelle raison du monde », s’identifient pleinement à l’université à laquelle ils sont rattachés. Le sentiment d’appartenance est réel et l’affection que les enseignants peuvent porter à leur université est sincère. Ainsi, la grève est par conséquent rejetée du fait qu’elle peut participer à la dégradation de l’image de leur université. De plus, les enseignants, déjà inquiétés du déclin supposé de l’enseignement supérieur en France  au sein « du marché de la connaissance », peuvent craindre que la détérioration de l’image de leur propre université provoquée par la suspension prolongée des cours rejaillisse sur leur propre image d’enseignants et que cela puisse les affaiblir vis-à-vis de leurs autres collègues à l’échelle nationale ou internationale. Il est certain que l’attractivité propre à chaque université conditionne aussi à l’attractivité particulière de chaque enseignant.   


 






 

Pour conclure, nous pouvons émettre l’hypothèse que si dans le cadre du déroulement d’une grève des éléments factuels peuvent effectivement et légitimement venir conforter, renforcer, encourager les enseignants dans leur réprobation à l’égard de la grève étudiante, que ce soit l’objet de la grève qu’il jugerait illégitime, un vote en assemblée générale ne respectant pas la règle majoritaire afin que la grève demeure le paradigme à l’université bon gré mal gré, la violence verbale ou physique d’étudiants grévistes à l’encontre d’autres étudiants conservateurs ou à vis-à-vis des enseignants, les dégradations matérielles auxquelles peuvent se livrer certains étudiants grévistes dans le cadre des occupations de locaux, etc., il n’en demeure pas moins que la grève des étudiants, par les étudiants, pour les étudiants, en tant que suspension prolongée des cours, pour les raisons que nous avons préalablement évoquée (autonomisation des étudiants, sentiment de dépossession de leur fonction sociale, remise en cause de leur statut de groupe dominant par le brouillage des rapports de pouvoirs …) suscite a priori un rejet unanime en tant que tel. Les enseignants ne sont pas opposés à telle ou telle grève, mais au principe même de la grève étudiante jugée comme l’expression d’une grave déviance. Celle-ci ne peut faire, ne doit en aucun cas faire parti du champ des possibles pour les professeurs au même titre que la grève des salariés est systématiquement réprouvée a priori par les employeurs. Ainsi, le rejet a priori de la grève étudiante de la part des enseignants est érigé en véritable loi d’airain noyant le corps enseignant dans les eaux glacées du conservatisme.




Hugo Melchior
Doctorant en histoire contemporaine
Ancien militant de Sud Étudiant
ayant pris part aux grèves de 2006 à 2010 à l'Université Rennes 2

 

 
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Hugo Melchior
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L'épisode 2 :

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Gaspard GLANZ
Manif NDDL du 22 février : 9 interpellations ce matin à Nantes http://www.rennestv.fr/catalogue/info-1/manif-nddl-du-22-fevrier-9-interpellations-ce-matin-a-nantes.html http://www.rennestv.fr/catalogue/info-1/manif-nddl-du-22-fevrier-9-interpellations-ce-matin-a-nantes.html Info - Magazine Fin de la trève municipale pour l'aéroport Notre Dame des Landes ...


Depuis ce matin 6h, au lendemain du deuxième tour des élections, neuf personnes ont été interpellés par 30 enquêteurs de la Police Nationale, à Nantes, à Pontchateau et en Ille-et-Vilaine, à la suite de la manifestation du 22 février.


Ces personnes sont désignés comme des "casseurs" par la police. Le parquet de Nantes diffusera un communiqué de presse dans l'après-midi.


On se rappelle qu'une "cellule d'enquête spéciale" avait épluché toute les caméras de la ville, les images tournées par la police, et avait même demandé à certains médias de lui fournir "les rushs" de la manifestation (ce que la plupart d'entre eux ont refusé de faire). 




Revoir la chronologie du conflit à Notre Dame des Landes



Notre reportage sur la manifestaion du 22 février à Nantes :







Making-of "First Person View" : WAR IN NANTES :

 


 
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Gaspard GLANZ
Les résultats des élections municipales à Rennes http://www.rennestv.fr/catalogue/politique-magazine/les-resultats-des-elections-municipales-a-rennes.html http://www.rennestv.fr/catalogue/politique-magazine/les-resultats-des-elections-municipales-a-rennes.html Politique - Magazine Deuxieme Tour des élections Municipales 2014 à Rennes :


• Nathalie Appéré (Rennes Créative et Solidaire) : 55,83% (32851 votes)


• Bruno Chavanat (Osons Rennes) : 44,16% (25990 votes)




- Votes Blancs et Nuls : 4,59% (2828 votes)

- Abstention : 46,60%





Premier Tour des élections Municipales 2014 à Rennes :



• Nathalie Appéré (Rennes Créative et Solidaire) : 35,57% (21030 votes)


• Bruno Chavanat (Osons Rennes) : 30,12% (17810 votes)


• Matthieu Theurier (Changez la Ville) : 15,09% (8923 votes)


• Gerard de Mellon (Front National) : 8,37% (4949 votes)


• Caroline Ollivro (Rennes Breatgne Europe) : 3,82% (2261 votes)


• Rémy Lescure (Rennes Alternative) : 3,40% (2013 votes)


• Valérie Hamon (Lutte Ouvrière) : 1,68% (997 votes)


• Pierre Priet (EXG) : 0,96% (568 votes)


• Alexandre Noury (Solidarité et Progrès) : 0,96% (571 votes)





- Votes Blancs et Nuls : 3,12% (1902 votes)

- Abstention : 47,16%




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Gaspard GLANZ
Nathalie Appéré élue Maire de Rennes : retour sur la soirée à l'Hotel de Ville http://www.rennestv.fr/catalogue/info/nathalie-appere-elue-maire-de-rennes-retour-sur-la-soiree-a-l-hotel-de-ville.html http://www.rennestv.fr/catalogue/info/nathalie-appere-elue-maire-de-rennes-retour-sur-la-soiree-a-l-hotel-de-ville.html Info - Web TV Gaspard GLANZ La libération d'Aly Touré laisse des traces dans la campagne municipale http://www.rennestv.fr/catalogue/info/la-liberation-d-aly-toure-laisse-des-traces-dans-la-campagne-municipale.html http://www.rennestv.fr/catalogue/info/la-liberation-d-aly-toure-laisse-des-traces-dans-la-campagne-municipale.html Info - Web TV Relire : Les socialistes expulsés de la salle de la cité, par des manifestants venus défendre un étudiant sans-papiers]]> Gaspard GLANZ Les socialistes expulsés de la salle de la cité, par des manifestants venus défendre un étudiant sans-papiers http://www.rennestv.fr/catalogue/info-1/des-manifestants-font-annuler-le-meeting-de-nathalie-appere-pour-empecher-une-expulsion-de-sans-papier.html http://www.rennestv.fr/catalogue/info-1/des-manifestants-font-annuler-le-meeting-de-nathalie-appere-pour-empecher-une-expulsion-de-sans-papier.html Info - Magazine Chaude ambiance mercredi à Rennes, des manifestants qui protestaient contre l'expulsion d'un étudiant guinéen ont fait annuler un débat et un meeting de la candidate socialiste.






























Il est 20h quand une cinquantaine de manifestants font irruption dans la salle de la Cité. Le meeting qui devait célébrer en grande pompe la fusion de la liste de la socialiste Nathalie Appéré et de l'écolo Matthieu Theurier prend alors une tournure étrange, à la limite du politiquement tragique. Les militants qui protestent contre l'expulsion d'Aly Touré, étudiant Guinéen à Rennes 1 grimpent sur la scène et tentent de prendre la parole. Quelques heures plus tôt, déterminés, ils avaient réussi à faire annuler un débat organisé à Sciences-Po entre les deux candidats aux municipales.


Bien décidés à retarder le meeting, « tant que Nathalie Appéré n'aura pas contacté le préfet ou Valls pour faire annuler l'expulsion » les manifestants scandent des « Liberez Aly » et des « Valls, Le Pen, c'est du pareil au même » devant une Nathalie Appéré stoïque et dépitée.































L'ultimatum


Un petit service d'ordre est rapidement improvisé et encercle la scène. Le colistier socialiste Sébastien Sémeril a bien l'intention d'organiser son meeting et décide de lancer un ultimatum. Il donne cinq minutes aux militants pour quitter la salle. Discrètement, le pupitre destiné aux discours est déplacé à distance des manifestants qui continuent à monter sur scène. Dans la fosse de ce concert de slogans anti PS, Matthieu Theurier (EELV) et Valérie Faucheux (FDG) ne se sentent pas à leur place et ça se voit. Ils tentent de calmer le jeu : « je partage votre point de vue, mais laissez-nous faire le meeting, nous allions en parler dans nos discours » arguent-ils aux militants. Nathalie Appéré fait annoncer qu'elle acceptera de contacter le Préfet dès jeudi si la scène est libérée. La perche tendue n'est pas saisie, les militants restent sur place.































Edmond Hervé en sauveur


Imperturbable, le colistier animateur de la soirée appelle les représentants des partis politiques sur scène. Le moment est difficile pour Matthieu Theurier (EELV) et Valérie Faucheux (FDG), visiblement gênés, qui doivent enjamber les militants pour rejoindre leur fauteuil. Edmond Hervé est également envoyé au front pour l'épisode final du spectacle. Encadré par un service d'ordre improvisé, le sénateur, ancien maire de Rennes mouille la chemise et se lance dans un discours enflammé noyé dans les huées et les applaudissements. Des manifestants tentent de reprendre le pupitre, les coups de coudes se multiplient, le sénateur est bousculé puis évacué sous les yeux de son fils colistier, venu à la rescousse. La salle hue les manifestants, Sébastien Sémeril décide alors de conclure la soirée-fiasco en demandant au public de quitter la salle. Les ex-candidats du Front de Gauche et d'EELV s'empressent de quitter les lieux. La liste « de gauche unie » ne sera jamais présentée aux rennais, le symbole est fort quand on sait que la fusion des deux listes est loin de faire l'unanimité chez les militants écologistes et du Front de Gauche...




Paul GOGO


Retrouvez Paul GOGO et les municipales à Rennes ici : http://municipalesrennes.tumblr.com/
 

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Paul GOGO
[MUNICIPALES 2014] 9 Questions à Caroline OLLIVRO, la candidate Rennes Bretagne Europe http://www.rennestv.fr/catalogue/politique-magazine/-municipales-2014-9-questions-a-caroline-ollivro-la-candidate-rennes-bretagne-europe.html http://www.rennestv.fr/catalogue/politique-magazine/-municipales-2014-9-questions-a-caroline-ollivro-la-candidate-rennes-bretagne-europe.html Politique - Magazine Élection Municipales 2014


Notre série "20 minutes avec un candidat à la mairie de Rennes" :

Gerard Mellon (Front National)

Nathalie Appéré (Parti Socialiste)

Rémy Lescure (Rennes Alternative)

Bruno Chavanat (UMP/UDI)

- Caroline OLLIVRO (Rennes Bretagne Europe)



1. Comment vous préparez-vous pour cette dernière semaine de campagne ?







 
2. Êtes vous politique à gauche, à droite ou au centre ?







 
3. Pensez-vous qu'il est plus difficile de parler d'Europe en Bretagne, que dans d'autres régions françaises ?







 
4. Présentez les trois grandes lignes de votre programme







 
5. Vous utilisez souvent le terme de "Bretagne forte", pourquoi ?







 
6. Qu'avez vous à proposer aux jeunes actifs et aux étudiants de Rennes ?







 
7. Est-ce la première fois que vous vous présentez à une élection à Rennes ?







 
8. Visez vous la mairie de Rennes, ou avez-vous des objectifs plus "politiques", comme atteindre 5% ? 10% ?







 
9. Cela vous derrangerait-il d'avoir un élu du Front National au conseil municipal de Rennes ?




 

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Gaspard GLANZ
RENNESTV : ONE MILLION http://www.rennestv.fr/catalogue/info/rennestv-one-million-view-bestof-2014-winter.html http://www.rennestv.fr/catalogue/info/rennestv-one-million-view-bestof-2014-winter.html Info - Web TV Musique : "Wu-Tang Clan featuring CappaDonna - Little Ghetto Boys"


Revoir notre BESTOF réalisé pour les 2 ans de RennesTV (décembre 2013)

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Gaspard GLANZ
Bousculade entre vigiles et étudiants à Rennes2, pendant le vote de fusion des Universités http://www.rennestv.fr/catalogue/info/bousculade-vigiles-etudiants-rennes2-vote-fusion-universites-2014.html http://www.rennestv.fr/catalogue/info/bousculade-vigiles-etudiants-rennes2-vote-fusion-universites-2014.html Info - Web TV Gaspard GLANZ [MUNICIPALES 2014] 8 Questions à Bruno CHAVANAT, le candidat UMP/UDI à Rennes http://www.rennestv.fr/catalogue/politique-magazine/municipales-rennes-bruno-chavanat-candidat-ump-udi.html http://www.rennestv.fr/catalogue/politique-magazine/municipales-rennes-bruno-chavanat-candidat-ump-udi.html Politique - Magazine Élection Municipales 2014


Notre série "20 minutes avec un candidat à la mairie de Rennes" :

Gerard Mellon (Front National)

Nathalie Appéré (Parti Socialiste)

Rémy Lescure (Rennes Alternative)

Bruno Chavanat (UMP/UDI)

Caroline OLLIVRO (Rennes Bretagne Europe)




1. Quel a été votre sentiment à l'annonce de Daniel Delaveau de ne pas se présenter pour un second mandat ?






2. Votre slogan est "Osez le changement", que proposez-vous ?






3. Vous avez mis l'accent sur la sécurité lors de votre campagne, pourquoi ?






4. Vous avez souvent dénoncé un laxisme de la municipalité sur la dimension "festive" des nuits rennaises. Que feriez-vous si vous étiez élu maire ?







5. Il y a un débat sur un de vos colistier, organisateur de la "Manif pour tous" au niveau local, alors que vous avez vous-même ouvert les cortèges à Rennes. Cela ne se retourne-t-il pas contre vous ?



 



6. Il y a quelqes remous à l'UMP en ce moment. Cela perturbe-t-il votre campagne ?






7. Avez-vous refusé un soutien de Jean François Copé au niveau local ? Celui-ci ne sera pas présent aux cotés de Jean Pierre Raffarin à votre meeting, comme il l'a été à Strasbourg la semaine dernière.






8. Cela vous derrangerait-il d'avoir un élu du Front National au conseil municipal de Rennes ?




 
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Gaspard GLANZ
"Scandale", "Indignation" : le mail du TNB qui enflamme la campagne municipale à Rennes http://www.rennestv.fr/catalogue/info/scandale-indignation-mail-tnb-enflamme-campagne-municipale-rennes-mun35000.html http://www.rennestv.fr/catalogue/info/scandale-indignation-mail-tnb-enflamme-campagne-municipale-rennes-mun35000.html Info - Web TV Voici l'intégralité de la lettre publié sur la mailing-list du TNB :











































































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Gaspard GLANZ
[MUNICIPALES 2014] 11 Questions à Nathalie Appéré, la candidate du PS à Rennes http://www.rennestv.fr/catalogue/politique-magazine/-municipales-2014-11-questions-a-nathalie-appere-la-candidate-du-ps-a-rennes.html http://www.rennestv.fr/catalogue/politique-magazine/-municipales-2014-11-questions-a-nathalie-appere-la-candidate-du-ps-a-rennes.html Politique - Magazine Élection Municipales 2014


Notre série "20 minutes avec un candidat à la mairie de Rennes" :

Gerard Mellon (Front National)

Nathalie Appéré (Parti Socialiste)

Rémy Lescure (Rennes Alternative)

Bruno Chavanat (UMP/UDI)

Caroline OLLIVRO (Rennes Bretagne Europe)




1. Pouvez vous présenter votre programme ?








2. Êtes-vous l'héritière de Daniel Delaveau, et avant lui, d'Edmond Hervé ?








3. Avoir été élue députée vous a-t-il donné de l'experience pour cette campagne ?








4. Qu'est ce qu'un Rennais ?








5. La Mairie semble "calmer le jeu" sur le monde de la nuit depuis quelques années. Votre politique va-t-elle changer ?








6. Allez-vous faire réduire l'influence de la fameuse "Rue de la Soif" ? Est-ce que votre volontée politique sera de faire réduire le nombre de concerts, ou de participer à conserver l'image "Rock" que possède la ville de Rennes ?








7. Au sujet des étudiants, la ville ne grandit-elle pas plus vite que n'arrive à suivre ses services publiques ?








8. Vous n'avez pas encore présentée votre programme. Comme cela va-t-il se passer ?








9. Qu'elle est votre position à propos de l'aéroport de Notre Dame des Landes ?








10. Lors de cette élection, avez-vous le sentiment que la diversité politique s'éxprime bien à Rennes ?








11. Est-ce que cela vous dérrangerait si un élu du Front National entrait au conseil municipal de Rennes ?





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Gaspard GLANZ
[MUNICIPALES 2014] 9 Questions à Rémy Lescure, le candidat de Rennes Alternative http://www.rennestv.fr/catalogue/politique-magazine/remy-lescure-rennes-alternative-municipales-2014.html http://www.rennestv.fr/catalogue/politique-magazine/remy-lescure-rennes-alternative-municipales-2014.html Politique - Magazine Élection Municipales 2014


Notre série "20 minutes avec un candidat à la mairie de Rennes" :

Gerard Mellon (Front National)

Nathalie Appéré (Parti Socialiste)

Rémy Lescure (Rennes Alternative)

Bruno Chavanat (UMP/UDI)

Caroline OLLIVRO (Rennes Bretagne Europe)




1. Un rendez-vous dans une brasserie ... c'est pour donner un côté populaire à votre campagne ?








2. Comment s'est organisée et comment s'annonce cette alliance avec le Parti Pirate ?








 
3. Quels sont les trois principaux axes de votre programme ?








 
4. Êtes-vous politiquement au centre ? Pourquoi ne pas se présenter avec "Alliance Citoyenne", le parti que vous représentez au conseil municipal ?








 
5. Quelles solutions vous souhaitez apporter à la jeunesse de Rennes ?








 
6. L'unification des Univeristés Rennes 1 et Rennes 2, vous êtes pour ou contre ?








 
7. Considérez-vous (durant le mandat municipal précédent) avoir été dans l'opposition ?








 
8. N'est-ce pas un peu facile de promettre de l'emploi dans cette campagne, alors que vous n'avez pas vraiment les leviers au niveau municipal pour agir contre la crise ?








 
9. Est-ce que cela vous dérangerait d'avoir un élu du Front National dans la composition du prochain Conseil Municipal de Rennes ?





 
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Gaspard GLANZ
[MUNICIPALES 2014] 8 Questions à Gérard Mellon, le candidat du Front National à Rennes http://www.rennestv.fr/catalogue/politique-magazine/rennes-municipales-2014-gerard-mellon-candidat-front-national-fn.html http://www.rennestv.fr/catalogue/politique-magazine/rennes-municipales-2014-gerard-mellon-candidat-front-national-fn.html Politique - Magazine Élection Municipales 2014


Notre série "20 minutes avec un candidat à la mairie de Rennes" :

Gerard Mellon (Front National)

Nathalie Appéré (Parti Socialiste)

Rémy Lescure (Rennes Alternative)

Bruno Chavanat (UMP/UDI)

Caroline OLLIVRO (Rennes Bretagne Europe)




1. Que diriez-vous aux citoyens rennais, afin qu'ils votent pour vous ?








2. Vous mettriez quoi en place comme "stratégie sécuritaire" à Rennes ?








3. En quoi est-ce que le Front National est un parti Républicain ?








4. Quel est le rôle du FNJ (Front National de la Jeunesse) dans votre parti, au niveau local ?








5. Quels sont les liens entre le FN35 et les groupes identitaires locaux ?









6. Après les déclarations de Jean-Marie Le Pen par le passé, diriez-vous que le FN est un parti raciste, antisémite et/ou anti-musulmans ?








7. Êtes-vous obligés de vous cacher à Rennes ?








8. Une phrase pour cette nouvelle année 2014 ?







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Gaspard GLANZ