La gestion de l’eau à Rennes confiée à une Société Publique Locale d’ici 2015
         La décision a été confirmée hier soir en conseil municipal : la gestion de l’eau à Rennes, déléguée depuis 130 ans à Veolia (anciennement la Générale des Eaux), va être transférée d’ici 2015 à une société publique locale (SPL). Un choix présenté comme un compromis entre l’actuelle délégation de service public (DSP), et la régie publique prônée par les associations, les écologistes et une partie de la gauche.
 
         Deux heures de palabres auront été nécessaires pour venir à bout de toutes les interventions sur le mode de gestion de l’eau. Quatre prises de paroles étaient prévues avant l'ouverture de la séance : le Parti Ouvrier Indépendant, le Parti de Gauche, les écologistes et le Collectif Eau se sont réjouis de l’abandon de la DSP, tout en rappelant leur préférence pour une régie municipale et un «vrai service public de l’eau». La SPL, société de droit privé administrée par des élus, risque selon ces militants de servir de «paravent» à une «DSP déguisée», car elle peut sous-traiter une partie de ses activités à des prestataires extérieurs... comme Véolia. Les partisans de la régie publique réclament une étude indépendante sur le précédent contrat, et des places «délibératives» (avec droit de vote) pour les associations dans le futur conseil d’administration.
 

«Ce n’est pas aux Rennais de payer pour la compétitivité d’une multinationale»
 
         En charge du dossier, Marc Hervé, avait déjà souligné en réunion publique que la ville s’engageait à ne pas «externaliser» la gestion de l’eau, et que la SPL pouvait constituer «une étape vers une future régie». Pour lui, ce mode de gestion, approuvé par les commissions consultatives, «n’est rien d’autre qu’une régie à plusieurs», qui a l’avantage de pouvoir intégrer d’autres collectivités publiques, et ainsi de «mutualiser les coûts». L’élu a aussi promis de «répondre favorablement» à la demande des associations d’être associée à la gouvernance de la SPL.
 
         La majorité bénéficiait dans ce dossier d’une opposition divisée. «Ce n’est pas aux Rennais de payer pour la compétitivité d’une multinationale», a notamment déclaré Fabrice Marzin d’Alliance Citoyenne, favorable au projet. Bruno Chavanat (Union pour Rennes Capitale) fait quant à lui l’apologie des années Véolia, et rappelle que Rennes Métropole avait deux mois plus tôt encensé la DSP au moment de renouveler le contrat avec Kéolis pour la gestion des transports urbains.
 
        La séance a également été marquée par une allocution solennelle du maire Daniel Delaveau, qui a réaffirmé «la solidarité et l’amitié» de la Ville de Rennes avec ses partenaires maliens de Bandiagara, en pays Dogon.
 

Pour aller plus loin :
 
Olivier ROTH - 23 janvier 2013 - Rennes

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